Baiser de glace

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Auteur: GAY-CROSIER, Manuela
ISBN: 9782883870734
Date de parution: 08/04/2019

Baiser de glace

16,00 CHF
Catégorie :

Description

Disponible le 8 avril 2019

Existe-t-il une réalité différente de la nôtre, qui échappe à certains mais se révèle à d’autres ? Les protagonistes des histoires composant cet ouvrage vivent tous une rencontre entre rêve et réalité, de celles qui nous laissent à penser qu’il existe un univers de tous les possibles où deux âmes peuvent se rencontrer et s’unir pour l’éternité.

Ces rencontres sont étranges, saisissantes, aussi bien dans l’extraordinaire que dans la banalité de la vie. Elles illustrent de façon kaléidoscopique la palette des sentiments humains: ceux qui retiennent ici-bas les êtres par-delà la mort, ou au contraire les rappellent à elle, ceux qui poussent à la vengeance malgré tout, au sacrifice, à commettre des folies, ceux qui manipulent des vies à leur guise, sans ménagement, ceux qui se présentent au moment où l’on s’y attend le moins.

La plume de l’auteure dépeint admirablement la complexité de la rencontre humaine et les entrelacs des sentiments et des chemins parcourus.

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La Lettre
Cela faisait des semaines qu’ils marchaient, creusaient, se terraient, déféquaient à l’endroit même où ils se tenaient des heures durant. Comme des bêtes traquées, ils tentaient vainement de s’évader dans un sommeil salvateur mais toujours agité, pour quelques minutes dérobées à la fatalité. Ils s’acharnaient à survivre dans la boue et le bruit incessant des obus, au fond des tranchées ou derrière des remblais de sacs de terre quand le sol était trop inondé, en se demandant à chaque déflagration si la suivante ne serait pas la bonne, l’ultime, celle qui mettrait fin à cet enfer. Un sentiment sournois de terreur permanente agrippait leurs entrailles comme les serres d’un oiseau de proie. Chaque heure qui passait était comme une petite victoire sur l’adversité. Aucun moment de répit ne venait soulager cette angoisse. Aucune issue possible à cet abîme. Aucune rémission à cette gangrène de misère et de sauvagerie qui avait envahi le cœur et le corps des hommes.
Comme tous les autres, Joseph avait espéré une issue rapide à cette boucherie mais il avait bien fallu se rendre à l’évidence. Ils étaient bloqués ici depuis des mois, terrés comme des animaux aux aguets dans ces tranchées boueuses et infestées de rats. Les poux et la vermine ne leur laissaient aucun répit. Il avait l’impression de grouiller de vie dans ses habits crasseux, tel un mort sorti de sa tombe. Un seul avantage à l’arrivée du froid glacial de ce mois de novembre, la disparition momentanée (qu’ils avaient tous vécue comme un réel soulagement) de l’atroce puanteur qui leur collait aux narines et à la peau. Disparues les milliers de mouches bourdonnantes qui se régalaient des cadavres en décomposition ou se collaient aux hommes mortellement blessés mais encore irrésistiblement accrochés à la vie, gémissant à quelques pas de leurs tranchées spongieuses et dont ils étaient contraints d’écouter les litanies désespérées, encore et encore, jusqu’à ce qu’enfin la mort salvatrice daigne les accueillir en son sein.

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