
Moon Dog est ton deuxième roman chez Plaisir de Lire. Quels sont tes ressorts d’inspiration pour écrire des romans ?
Passionné par les musiques afro-américaines depuis ma jeunesse, j’avais envie d’explorer leurs racines communes et leur histoire à travers une série de romans qui soient à la fois de vraies “lectures plaisir” et une source d’exploration culturelle, dans la musique et dans le temps. Moon Dog est ainsi autant un pur thriller qu’un roman historique.
Qu’espères-tu apporter aux personnes qui vont te lire ?
Avant tout du plaisir. J’aime le mélange des genres et procurer des sensations aux lecteurs. Il y a évidemment beaucoup de suspense, mais aussi une vraie immersion au coeur de cette Amérique sixties, par la musique, les paysages, les parfums, les odeurs, la nourriture. J’ai envie “qu’on y soit”. Je développe un style assez simple mais très immersif, nourri d’images cinématographiques, et riche en références. C’est un road trip qui prend aux tripes, plein d’action et d’émotion.
Moon Dog se passe dans les années 60 aux USA…pourquoi le choix de cette période historique ?
Après avoir exploré les racines du blues avec “Moon Lake” en plongeant en 1938 au coeur de Lula, un petit village du Mississippi, pour y suivre l’itinéraire d’un jeune afro-américain fils de pasteur qui rêve de percer dans le blues, je raconte l’émergence de la soul music à Memphis, en 1960, avec “Moon Dog”, dans lequel on retrouve d’ailleurs certains personnages de “Moon Lake” (les deux romans peuvent cela dit tout à fait se lire indépendamment). Il y aura un troisième volet prévu pour clore ce qui sera donc une trilogie : “Moon Walk”, qui entraînera le lecteur dans le Bronx de 1980, au moment de la naissance du hip-hop.
Il y a plusieurs clins d’œil à des films au gré des divers chapitres. Est-ce que c’est un roman conçu comme un « road movie » ?
Oui, le roman est clairement pensé comme un road-movie. Je voulais imaginer une structure qui diffuse une énergie différente de celle habituelle des récits, avec une montée en puissance, un climax, puis une “redescente” avant la conclusion. “Moon Dog” est écrit comme une pure montée en puissance, en tension, avec des scènes de plus en plus intenses, jusqu’à une résolution qui prend aux tripes. Il y a de très nombreuses références cinématographiques, notamment à “La Mort aux Trousses” d’Alfred Hitchcock, “Deliverance” de John Boorman, ou encore au cinéma de Quentin Tarantino et Martin Scorsese.
On retrouve trois personnages principaux de ton premier roman qui se passait dans les années 30. Qu’est-ce qui t’a poussé à créer ce lien entre les deux livres ?
A l’instar de “Moon Lake”, qui explore les racines du blues à travers le roman noir et le polar, “Moon Dog” explorera celles de la soul music à travers le thriller et le “road trip”, en racontant en parallèle la naissance de cet immense mouvement culturel et musical et la suite du destin de certains personnages du premier roman. On y croisera notamment Léo Wash Jr, le jeune afro-américain du début, qui a maintenant quarante ans passés, et est guitariste dans un groupe de soul music qui part faire une tournée à travers les USA. C’était important d’installer une sorte de fil rouge avec des personnages récurrents afin de montrer la filiation entre tous ces courants musicaux. Gageons qu’on retrouvera certainement Leo en 1980, à 80 ans passés, dans le troisième volet “Moon Walk” !
Et si tu devais donner envie aux lecteurs l’envie de découvrir ton livre en quelques mots ?
Je suis un fou de cinéma, alors je dirais : prenant comme un bon film, instructif comme un bon bouquin. Et en bonus, c’est un livre qui donne envie de danser !
Pour terminer, quels sont tes prochains projets littéraires ?
Je suis en train d’écrire un récit très personnel sur mon parcours de maladie, puisqu’on m’a diagnostiqué un cancer bien assaisonné il y a un an. Puis je me pencherai sur le troisième tome de ma trilogie musicale.