Le Chemineau du lac

Auteur: CURTAT, Robert
ISBN: 978-2-940486-82-3
Date de parution: 29/01/2017

Le Chemineau du lac

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Description

Lucien a débuté sa vie sous de sombres auspices : abandonné par sa mère, il est recueilli par une famille pauvre qui sombre bientôt dans la misère. Très tôt, il apprend à se débrouiller et à aller chercher son destin, cheminant toujours sur les bords du lac de sa région.

De la petite maisonnette du Bas-Bourg à une barque de Buchillon, son itinéraire passera également par les toutes nouvelles voies du chemin de fer suisse et les ruelles de la ville de Lausanne. Il y deviendra typographe, métier qu’il mettra au service des idées révolutionnaires durant la Grande Guerre. Sa vie est celle des classes ouvrières du début du XXe siècle, ancrée au cœur de l’Histoire, mais également faite des petites choses du quotidien : il connaîtra l’amour, l’amitié et les idéaux de la jeunesse, il vibrera avec l’esprit de camaraderie et se frottera à l’autorité implacable des bourgeois et de l’armée.

À travers un point de vue très personnel et attachant, le lecteur est amené à plonger au cœur d’une page de l’Histoire, et à cheminer aux côtés du personnage sur des routes qui lui sont sans doute toujours familières.

1 avis pour Le Chemineau du lac

  1. Pascal Auchlin

    Un petit bijou, ciselé non sans âpreté.

    Roman historique dans la plus pure tradition des Victor Hugo, Eugène Sue, Tourgueniev, Tolstoï, ou Bernard Clavel, qui fut d’ailleurs son ami, cet ouvrage nous emmène dans le monde des petits, des riens, des sans-grade et sans toit, on y escalade les années de plomb et de feu, tandis que Lucien traverse le pays romand, du Léman au Jura, à Buchillon, où il brûle ses derniers espoirs. Ce sont des cartes postales jaunies et vivantes dans des lieux que seul Pierre Corajoud pourrait décrypter au fil de ses balades insolites à travers Lausanne et le Canton.

    Commentaire de Pascal Auchlin

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Tirant ferme sur les rames Lucien cherchait de toutes ses forces à s’éloigner du yacht. Une pleine année de solitude volontaire lui avait désappris son double prénom d’état-civil comme son nom. Et la succession de drames qui l’avait jeté sur le rivage de Buchillon avait encore brouillé les signes. Pourquoi fallait-il que le courant joue avec sa barque, la drosse sur le yacht dont il essayait de s’éloigner? Touchant, de la tranche de sa rame, le hêtre chanfreiné de la coque, il tenta de mettre une secousse rude entre l’homme et lui:

– Alors, on ne reconnaît plus les amis?

Occupé à la manœuvre, Lucien ne voulait rien d’autre que fuir, rejoindre sa cabane sur le rivage.

– Tout est fini, murmura-t-il.

Depuis son entrée en solitude c’était la première fois qu’il rencontrait le passé.

C’était comme une ligne chargée de mots, lourde à couler.

Il passa tout près de l’hélice, s’éloigna enfin.

Courtoisement l’homme en blanc avait attendu qu’il fût assez loin pour affaler le gréement, lancer le moteur et passer au large dans le balancement des éperons de proue.

Troublé par cette rencontre Lucien mit du temps avant de retrouver ses repères, passer les portes invisibles sous la peau du lac, tirer enfin la barque à sec.

Machinalement il déploya le filet sur un étançon calé entre deux branches basses, exposa le produit de sa pêche sur un plateau de bois rêche à force d’être brossé.

Loin sur le lac, le bateau blanc n’en finissait pas de s’effacer tandis qu’une mouette rieuse égrenait son appel d’amour.

Il avait beau combattre, s’acharner aux tâches quotidiennes, la musique d’hier était entrée dans la cahute avec l’image de l’homme en blanc. La lumière de l’après-midi caressait la lame effilée du couteau qui séparait les têtes, levait les filets de chair rose nacrée entassée dans des casiers noircis qu’il s’obsti- nait à mettre en équilibre sur des piquets sommaires fichés entre les pierres pour les exposer à la fumée forte qui montait le long du mur.

Chevauchant les braises un chaudron contenait la potée du pêcheur: raves et poisson avec un peu d’herbes et beaucoup de sel. Au terme d’une longue cuisson, d’un geste il accrochait la marmite par ses anses, la posait à même la table noircie, s’asseyait. Par la porte son regard prenait toujours le même morceau de lac où la nuit s’installait.

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