Dernière rentrée
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Un vendredi de mai, un coup de feu retentit dans le silence assourdissant du lycée de Pré-Fleuri. Tous ont une bonne raison d’appuyer sur la gâchette ce jour-là.
Sébastien, Marie, Timéo ou encore Yacine… Les élèves de la DER1 ont renoncé à réussir leur scolarité. Parqués dans la classe des cancressans avenir ni débouché, ils mènent la vie dure à leurs enseignants, mais partagent aussi, avec leurs mots, espoirs, rêves et vulnérabilités.
Usés par les insultes, les bagarres, ne sachant comment y répondre, les professeurs jettent tour à tour l’éponge, sauf André Clottu. Après avoir été mis à la porte de son ancien collège à quelques mois de la retraite, ce dernier a la ferme intention de venir à bout de cette classe. Pour sa dernière rentrée, fort de ses nombreuses années d’expérience, il espère même réussir l’impossible et ainsi parvenir à redorer son blason bien entachésuite à son licenciement.
Mais lorsque les élèves découvrent les raisons qui ont amené le professeur à changer de lycée, les choses basculent et prennent une très sombre tournure…
Dans la presse
Coup de coeur dans le magazine Générations – Novembre 2018

Le coup de feu détona un vendredi après-midi, quelques minutes avant le début du week-end.
Après plusieurs semaines de lutte, un doux printemps triomphait enfin de l’hiver rigoureux qui avait pris ses aises dans la région. C’était à vrai dire la première journée ensoleillée de l’année dont les températures agréables permettaient de croire que l’été, synonyme de vacances, n’était plus très loin.
On avait profité de cette météo presque oubliée pour ouvrir quelques fenêtres et inviter le vent frais à raviver les esprits fatigués de la semaine. Des rayons au toucher satiné s’incrustaient entre les pupitres pour réchauffer les corps. On rêvait de longues balades dans la nature, de baignades rafraîchissantes et de cornets de glace fruités.
Dans la plupart des salles de classe, la sonnerie se faisait désirer. On restait silencieux, mais on commençait à se tortiller sur les chaises et à guetter la fine aiguille libératrice de l’horloge.
Le coup de feu détona en ce paisible vendredi de mai. et son brutal et sinistre écho sembla figer le temps entre les murs en béton du collège. une colonie de pigeons, affairés au milieu de la cour à éliminer les restes de goûter, prit les voiles dans un ciel sans nuage. On détourna les regards de la pendule et on n’entendit même plus la cloche vibrer dans les couloirs.
Dans la salle 206, le temps aussi était suspendu et tous les yeux étaient rivés sur le canon de l’arme qui tremblait. À ce moment- là, on ne pensait plus. ni aux vacances qu’on attendait impatiemment, ni aux ravages que pourrait faire un doigt pressé sur la détente. On avait tout simplement arrêté de penser et on retenait son souffle. On ne bougeait pas. toutes les facultés corporelles semblaient avoir été figées dans la densité de l’atmosphère, comme une mouche dans un pot de miel. Chacun craignait que la moindre inattention pût déclencher un carnage.
Pendant d’interminables secondes, rien ne se produisit. tels des cow-boys engagés dans un duel, on s’observait, immobiles. Et enfin, le coup de feu partit, libérant la tension.
Le coup de feu qui détona ce vendredi de printemps emporta dans la trajectoire de la balle la vie d’un être humain et laissa dans son écho un souvenir sordide, imprégnant les couloirs du collège et les esprits de tous les élèves et de leurs professeurs.
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